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samedi 16 avril 2011

Niedermorschwihr, dans les grandes largeurs

Niedermorschwihr est un village des plus typiques de l’Alsace friande, tout d’abord pour son nom quasi-imprononçable, mais surtout, pour son ratio incroyable de belles adresses épicuriennes. Vignerons, restaurateurs, producteurs d’authenticité, à chaque recoin du bourg, se cache des adresses réputées et passionnantes à déguster. Il fallait bien une petite journée pour en faire tranquillement le tour, il fallait du choix pour que chacun y trouve son compte. Voici comment s’est déroulé cette NIEDER AU CHOIX. Rendez-vous était donné à la petite dizaine d’heureux participants, à 11hrs au Domaine Albert BOXLER, pour une dégustation des plus complète et précise. Préparée en amont, je souhaitais que nous concentrions sur les vins des terres du village, mon souhait a été plus qu’exaucé et je voulais tout de suite en remercier Jean et son épouse qui s’est fort bien occupé de nous, malgré que son Domaine fut presque pris d’assaut par les amateurs de toutes les contrées. On commence donc par le Pinot Blanc 2009 ainsi que le Riesling 2008 pour se mettre dans le bain, deux vins sage et bien fait, qui rendent compte de leur millésime avec un bel équilibre (pas trop chaud pour un 2009, pas trop acide pour un 2008).
On arrive de suite dans les choses sérieuses avec de fabuleux rieslings de terroirs, dont deux bouteilles sorties de l’œnothèque familiale.

Le Grand Cru Sommerberg fut balayé en commençant par un Jeunes Vignes 2009, avec une bouche rieuse qui revient assez vite sur le cépage, avec un joli final élégant et entier.

Ensuite nous aurons donc la chance de goûter E (pour Eckberg) 2007, avec son nez minéral-menthol et sa bouche huileuse et intègre.

Nous finirons ce tour par un dernier Sommerberg 2004, un vin installé et juste, avec pas mal d’élégance dans sa rudesse et une bouche puissante et pleine de matière.

Il est rare de pouvoir trouver des vins de ce Domaine avec quelques années de bouteilles, nous sommes donc particulièrement gâtés par la famille Boxler.

On passe ensuite rapidement au Pinot Gris et au Gewurztraminer 2009, qui combine le côté charmeur du millésime et la fraîcheur de ce bout de vallée.

Et comme nous ne sommes pas facilement repus de jolis vins, on nous sert les mêmes cépages, sur la même année, mais dans la gamme Réserve, qui est en fait dans ce millésime, des vins d’une vieille parcelle du Grand Cru Brand tout proche, qui fut déclassé.

Grand bien en a fait à ces vins car ils sont tout deux d’une netteté et d’un équilibre assez formidable, sur une belle définition des cépages.



On finira le chemin par un Riesling D (pour Dudenstein) GC Sommerberg 2004 en Vendanges Tardives, qui nous prouve encore le bien fondé des liquoreux en mode riesling. C’est confit et gourmand, mais ça garde une fraîcheur intacte et une bouche de mille citrons.

Et comme la générosité n’est pas un vain mot ici, on se quitte en sirotant gaiement deux Sélections de Grains Nobles, un Gewurzt 2007 et un Pinot Gris 2006. Des vins caressants et riches, le premier avec un final clair, le second qui décline toutes les plus belles notes rôties.

Nous étions partis sur 8 vins, on nous en sert presque le double, dont une part sorties spécialement pour l’occasion, voilà qui est totalement dans l’esprit des Secrets d’Epicure.

Après cela, et sous un soleil radieux, nous redescendons, joyeux, le village pour chercher notre deuxième hôte de la journée en la personne de Claude WEINZORN, qui nous a fait la joie de venir partager notre déjeuner.


Nous arrivons donc au fameux Morakopf, où couvé du regard par Mr Guidat et l’irremplaçable Simone, nous nous attablons pour déguster la spécialité-maison. On nous apporte une faïence patinée, pleine à ras-bord de superbe Baeckaoffa.

A table il est encore plus plaisant de goûter avec le vigneron et nous ne boudons pas notre plaisir, recommençant avec un Pinot Blanc Barrique 2009, un vin pas très typique (il est le premier du village a avoir tenté l’expérience), mais choisi pour repartir après les précédentes libations. C’est un vin fort bien réalisé, avec un peu de gras mais pas mal d’équilibre pour ce genre d’exercice.

Il nous accompagne le temps que Claude présente son Domaine de L’ORIEL, et que les assiettes se remplissent une première fois.

Ce plat référence du patrimoine alsacien est une spécialité du caveau et on sait pourquoi, les pommes de terres sont riches des sucs mélangés, la viande se coupe à la cuillère et les pieds de porc donnent toute la gélatine et la gourmandise à ce plat pour bienheureux.




Il a aussi servi à parler accords mets-vins, car bien des choix sont possibles pour l’accompagner, nous sommes parties sur le Pinot Gris Tradition 2009 en premier lieu, avec ses notes de granit qui compensent les notes assez consistantes de ce vin de gastronomie gloutonne, le tout répondant fort bien avec le plat.

Mais c’est avec la deuxième assiette (obligatoire en ces lieux), assorties de raifort et de salade qu’on trouve l’accord qui me plaît le plus, avec son Riesling GC Sommerberg 2007. Le vin est sur des notes sèches, mais avec le gras nécessaire pour accompagner le Baeckaoffa. Ce riesling est surtout assez étendu et nous donne à voir un superbe retour qui rebondit sur la salade et le raifort et donnerai presque envie d’une troisième assiette…



Mais il convient, même dans l’abus, de rester un tantinet raisonnable, car le village nous attend, certains s’octroient alors une petit détour jusqu’à la boutique de la fée des confitures, Christine Ferber.


D’autres partent grimper ce grand cru qu’ils ont descendu depuis la fin de matinée, et d’autres finissent par quelques achats au Domaine de L’ORIEL, où ils se sont sans doute laissé envoûter par l’équilibre granité de son célèbre Gewurztraminer Vin de Glace 2008 (récolté mi-janvier 2009…) ou plus simplement par le Riesling Arnaud 2006 ou le Pinot Gris Terrasses 2008, deux vins de ce Grand Cru Sommerberg qui est désormais bien cerné par tous les participants de cette journée pas comme les autres.




Je remercie chaleureusement Mme Boxler, et ces Messieurs Guidat et Weinzon pour nous l’avoir remplie de toutes ces bonnes choses et pour nous avoir fait goûter leur terroir.

Et je ne peux m’empêcher d’être assez heureux en repensant aux sourires ornant les visages de tous mes convives.

Voilà NIEDER AU CHOIX, c’était tout ça !!

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