jeudi 24 juillet 2014

Clos Milan 2007, Domaine Henri Milan, pour les amoureux de la Nature


Vous ne comprenez rien à ces satanés « vins nature » et vous en avez ras-le-bol des vins déviants, j’ai trouvé pour vous un sacré médicament, la belle exception qui atomise la règle.
Ce digne vin des Baux de Provence, qui ne veut plus, depuis ce millésime géant dans la région, s’assujettir aux règles du jeu, est pourtant classé en vin de table.

Pourtant dès le commencement, après lui avoir laissé une heure tranquille, bouteille débouchée, il s’échappe du verre une quantité de choses réjouissantes et vraiment entêtantes, dont beaucoup de framboise, une pointe de tapenade, et de l’épice. Si la robe est bien pleine, elle ne manque pas de lumière.

Mais c’est sans doute en bouche que cela me scotche le plus, elle est parfaite dès le départ et elle balance un coulis de fruits rouge fringant, du graphite et de la joie.


Tellement à l’équilibre entre pureté et complexité, tellement bien Nature qu’elle le lui rend bien, un magnifique papillon passant l’après-midi à humer le verre et à fouiller du bout de la trompe (son proboscis pour les pinailleurs naturopathes) sur les rebords quelques gouttes de ce nectar que l’on partagea avec lui et un agneau, bien mieux nourri, mais bien plus trépassé pour le coup, un autre digne morceau de bravoure paysanne. Il s’agit d’un joli petit train de côtes d’agneau de Sisteron, frottées avec amour à l’huile des Baux et à la tapenade, posées sur de large tranche de tomate cœur de bœuf et escortées de quelques artichauts violets qui devront cuire et sécher avec le jus de la bête pour un plaisir certain.


Le vin continue d’évoluer au nez, et quelques heures plus tard apparait la mûre, l’encre de seiche, et un peu d’alcool volatil qui ne gâche pas le plaisir car il reste toujours cette idée fort plaisante de confiture de vieux garçon et d’herbes sauvages.
 La bouche, elle, reste fine en entrée et gagne en patine sur le final. Elle est de plus en plus élancée, avec du souffle. Elle reste droite et « pûre » et gagne en persistance et en force, les évocations de prune qui se révèle au bout de 6 h. ne sont pas pour me déplaire car elles ne sont qu’évocations.


Il reste pour moi comme un vin parfait pour la saison, plein de soleil et de vie, plein de jus et de caractère. On l’accueille avec d’autant plus de bonheur après quelques fadaises en blancs-rouges-rosés, dont je ne parlerai pas ici. Il se fait génial sur l’olive et se boit facilement, rien que pour lui, même en plein après-midi. Mais, le soir, avec ces côtes bien grasses aux  gras-grillé, on touche au sublime, l’apport de la tomate grillée et de l’artichaut barigoule concentrée ne faisant que rapprocher l’assiette du verre, et le tout de nos gosiers avides.


Avec des vins comme celui-ci, la (bande à) Nature a de beaux jours devant elle, il faudrait « simplement » que la grande majorité des faiseurs se rapproche de ce modèle, mais rien de moins simple et de moins évident tant l’équilibre de ce vin est celui d’un funambule, balloté par les vents du Val d’Enfer.


En tout cas, le premier dégustateur-à-vins-classiques, catégorie dans laquelle je me place, qui fait les reproches habituels à ce type de vignerons, je ne pourrai plus jamais le prendre au sérieux. Cette cuvée a plus de pureté que bien des vins et des étiquettes rassurantes et il est, visiblement, taillé pour la joie et la garde, la vraie, la grande.

vendredi 18 juillet 2014

Le Restaurant de Philippe Bohrer à Rouffach. Sans étoile, quel changement ?


C’est une des étoiles égayant un village viticole et surtout un des chefs-entrepreneurs les plus connus du paysage gastronomique alsacien, et il a vu son étoile Michelin s’envoler de son restaurant éponyme et originel il y a quelques mois.
Pour ses clients de toujours, cela n’empêche en rien l’envie de réserver, mais qu’est-ce que cela change réellement en salle, et, surtout, dans l’assiette ?


vendredi 11 juillet 2014

Château des Tours 2009 – Côte du Rhône majuscule…mais restons calme !

Un « simple côte-du-rhône » qui déchaîne quelques passions, il n’en fallait pas plus pour faire une étiquette récurrente sur nos tables familiales depuis 10-15 ans. Certains l’ont découvert il y a moins de temps que cela et déjà en reviennent, d’autres ne jurent que par son père - l’Homme de Château Rayas – difficile, donc de juger de la qualité réelle d’une telle bouteille.



mercredi 2 juillet 2014

Riesling Jubilee 2005 HUGEL, un beau modèle et une grande évidence

Cette cuvée de la célèbre maison de Riquewihr, issue du grand terroir du Schoenenbourg et du grand millésime qu’est 2005, est vraiment un joli modèle d’un riesling-supérieur, compréhensible de tous.

Pas de creux d’entre-deux âges, pas de besoin d’ouvrir la bouteille X heures avant, pas d’arômes changeants selon la température, les latitudes et l’âge du capitaine, juste un très beau vin, simple et lisible.

samedi 14 juin 2014

Ma sélection de plages et piscines épicuriennes !


































Dans quelques temps je devrais être posé au bord d’une belle piscine gourmande et sur la plage de la fameuse plage tropézienne des Jumeaux pour débuter une dizaine de jours de farniente épicurien et familial, bien mérité, capable de nous redonner l’énergie pour passer cet été chargé.


samedi 7 juin 2014

Du Côté de Chez Anne, à Strasbourg, un air de vacance aux portes de la ville


Arrivant dans cet établissement transpartisan, à peine sortant des grands boulevards périphériques, tout juste sortis de la voiture, vous serez surpris d’être instantanément mis en mode « vacances ».

La maison, au volume impressionnant mais constituée de quantités de petites pièces accueillantes, le jardin qui semble immense, surtout aussi proche de la ville, tout joue dans le dépaysement immédiat. Ici vous pouvez venir dormir, prendre le thé, mais nous, ce qu’on veut, c’est manger au calme avant de plonger dans le centre strasbourgeois.


vendredi 30 mai 2014

Horrible, honteux...un plat difficile à digérer !


Jamais, depuis 2007 et la création de mon blog, je n’ai fait un article à charge, jamais je ne me suis énervé devant vous. Non pas que tout ce que je goûte soit magnifique, plutôt que je ne veux pas perdre mon temps à parler du pire, je préfère largement prendre de mon temps pour vous donner envie du meilleur. Mais en cette semaine d’indigestion plus encore, trop c’est trop, c’est même la honte de pouvoir proposer et poser une telle assiette devant un client.

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