mardi 23 septembre 2014

Une sole, quelques patates, du beurre, un meursault: le bonheur !

C’est possible le bonheur pourtant, il suffit d’éteindre sa télé, et d’allumer son appétit de vivre, et de se régaler. Se régaler d’une belle sole d’Atlantique, et quand je dis belle, je pense à une pièce de 800gr minimum et de 2 cm d’épaisseur sinon rien, bref une sole pour un breton, 2 alsaciens, 6 parisiennes (Vincent Pousson inside).


Il vous faudra aussi des pommes de terre, tout ce qu’il y a de plus évident, mais des qui ne se délitent pas à la cuisson et qui savent rester un peu fermes autour quand elles sont toute fondantes dedans.
Et là-dessus, comme le préconisait notre nutritionniste fétiche : « Du beurre ! Donnez-moi du beurre ! Toujours du beurre ! ». Fusse-t’il cru et vraiment fermier, ce serait mieux encore, mais en tout cas, qu’il soit bouillonnant, et au plus près de la noisette bronzée possible au fond de la poêle.

Pour la quantité, en prévoir trop, beaucoup trop, puis verser le reste sur les pommes de terre pour les faire réchauffer en dernière minute.


Pour finir cette cuisson quasiment inratable, lâcher un trait de jus de citron un peu partout et un jet de vin pour déglacer, mais alors, un bon vin, tant qu’à faire. Pour nous c’était un Meursault Les Tillets 2007 de Roulot, une pure petite merveille qui entame sur le tranchant avant de reprendre du gras.
Il était d’un équilibre parfait, tout juste sorti de sa première jeunesse et installé dans un début de maturité, avec des notes basique de citron et de beurre, mais surtout, un touché de bouche des plus nobles, doux et digne à la fois, la tête droite, le torse bombé, prêt à en découdre ou à vous prendre dans ses bras, c’est au choix.


Ce digne vin de Meursault se fait l’ami de tous et un compagnon fidèle du beurre et des flancs de la sole, qui, très grillés, croustillants et dégoulinants, sont, avec le cœur du filet, blanc-fondant-rosé-à-l’arête  définitivement les meilleurs morceaux de la bête !

Bref, pas forcément besoin d’un « chef de l’année », ni même d’un quadruple étoilé pour se régaler, le bonheur, c’est tout bête et à notre portée, il suffit juste de le chercher. 

mardi 16 septembre 2014

La Mailloche 2005, du Domaine Stéphane Tissot, pourquoi le réduire à cela !

Un chardonnay du Jura, grand selon moi, mais qui est souvent bêtement ramené à son aspect de « réduction » par les grands-connaisseurs-à-œillères, pourquoi donc ?
Pourquoi ne pas parler du vin plus simplement, « j’aime, je n’aime pas, voilà pourquoi » ; pourquoi ne pas laisser cette vraie patte du vinificateur s’exprimer, laisser son vin évoluer, laisser sa terre d’argile jaune-marron se révéler ?

Parce que moi, il y a moins d’un mois, sur les hauteurs et dans l’air pur du fin fond du Valais, j’ai grandement apprécié ma plus vieille Mailloche.



jeudi 11 septembre 2014

La Rochette, à Labaroche, un restaurant surprenant, loin de la route des vins

La semaine dernière, je suis retourné goûter le moment avec un ancien et quelques nouveaux camarades, dans une adresse qui ne me venait plus jamais à l’esprit ces dernières années….une adresse « loin des yeux, loin de l’estomac », un peu perdue au bord d’une route annexe, sur les hauteurs du triangle d’or de l’Alsace épicurienne.

Pourtant le coin est fabuleux, perdu en plein cœur des prés et des forêts, en bordure d’une route calme et pourtant tout à fait passante, même en hiver, quand il est tombé 50cm de neige dans la nuit. De plus l’établissement est coquet,  au goût du jour et on voit dès l’entrée le sérieux de la famille qui tient ce beau petit hôtel-restaurant comme il en faudrait tant.

Mais ce qui nous intéresse, comme toujours, c’est l’assiette, ou plutôt les assiettes, et leur rapport qualité/prix/plaisir.  Sans aller plus loin, je peux vous certifier qu’il est bon.

N’écoutant que notre instinct et notre appétit, nous fondons sur le « Menu Logis » à 31€, une menu 3 plats avec 2 choix à chaque fois. 


Pour ma part, la question ne se posait pas, j’ai craqué pour cette entrée champignons/fromage et, quand arriva cette superbe assiette, la plus belle et la meilleure du menu, je ne fus vraiment pas déçu.
Une belle tombée de girolles et chanterelles, bien fraîches (même si elles ne viennent visiblement pas du coin), fermes et avec cette petite fragrance forestière adorée. Celles-ci sont mêlées à du chèvre des proches environs, un peu battu et délié et servi en pointe gourmande, ponctuant le plat. Avec cela, du fruité révélé par de l’abricot, du croquant avec des graines torréfiées et quelques noix caramélisées si je ne m’abuse, et une vinaigrette douce. Le tout est escorté d’une moricette maison à la fondue d’oignon pour aider à pousser et à récupérer le jus. Ce fut vraiment une belle assiette, généreuse, avec de l’envie et de l’idée.

Ensuite je prends un ragout de chevreuil, des bêtes tirées dans la région visiblement, et décliné, comme si de rien n’était dans cette assiette à nouvelle fois gourmande, à défaut d’être aussi fine et équilibrée que la précédente. Les nouilles au beurre, c’est bête, mais c’est bon, qu’est-ce que c’est bon, surtout quand elles trempent un peu dans la sauce et qu’on y ajoute des rogatons de chevreuil.

Il y a plusieurs morceaux de viande, des os à rogner, quelques champignons dont des trompettes des morts, toujours agréables sur le gibier.  On aurait simplement préféré une sauce encore plus chargée en goût et plus lourde en texture ; mais quel plaisir, d’être sur cette terrasse ou dans la salle au calme, en ce jour d’automne, à revenir sur cette assiette généreuse.


Ce qui ne gâche rien à notre plaisir, c’est que la carte des vins est très sérieuse et avec ces tarifs qui donnent soif, et dont toutes les adresses qui se pensent être au centre de tout, feraient bien de s’inspirer, au lieu de pleurer qu’elles ne vendent plus de vin. Ici on trouve de grandes maisons d’Alsace et du bon en toute région, entre 15 et 50€, et cela ne nous donne qu’une envie : revenir pour se faire encore plus plaisir la prochaine fois.



On finira par un sempiternel Brie au Kirsch, qui m’a un peu moins parlé que le reste des plats, mais c’est comme ça avec les desserts que l’on ne mangeait que chez sa chère grand-mère, il est impossible de les surpasser, sur quelques tables que ce soit.
Il est tout de même de la bonne taille, pour passer un « moment-gourmand-mais-pas-trop ». La crème est justement épaisse, le kirsch marqué, mais je préfère la crème plus lourde, comme la main qui l’arrose de cette fameuse eau-de-vie de cerise.


Voilà une table à laquelle je n’ai pas du manger depuis 20 ans, passant rarement devant et gardant une image un peu ampoulée, vieillie-vielliot…et c’est une erreur, ce qui me rappelle une fois de plus qu’il nous faut arrêter de nous concentrer et passionner uniquement pour des tables en vue, au bord des axes passants et dans les villages-villes-rues mythiques ; c’est certain, il y a bien plus de bonnes surprises et de jolis rapports qualité/prix/plaisir quand on prend les chemins de traverse.

jeudi 4 septembre 2014

Rentrée-épicurienne de Septembre, agenda bien rempli grâce au Domaine Rieflé - Landmann

J’ai voulu revenir vers vous avec cette rubrique totalement dans l’air de mon Blog d’Epicure, car mêlant allègrement information et tentation, bien sûr.
Il faut dire qu’un domaine alsacien, les Rieflé – Landmann, prouve leurs vitalités et propose au grand public de vivre de jolis moments-épicuriens pour cette rentrée ; en plus, il y en aura pour tous les goûts (et coûts), que ce soit debout en plein milieu des terroirs passionnants ou assis à une table passionnée. 


vendredi 22 août 2014

En Alsace, deux menus-déjeuners, presque étoilés, parfaitement dans leurs saisons !

Cet été comme souvent, pour faire refaire le tour des popotes, on est allez goûter quelques menus-déjeuners. On en a alors sélectionné deux, dans deux adresses, déjà chroniquées ici mais qui ont vu s’envoler leurs étoiles Michelin.
Pourtant ces deux menus du midi sont impeccables, à un niveau rapport qualité/prix/plaisir franchement puissant…peut-être trop eu égard à leurs tarifs habituels, mais de cela nous parlerons plus tard, maintenant, il fait faim !


jeudi 7 août 2014

Châteauneuf-du-Pape 2004, Domaine du Vieux Télégraphe, facétieux et sérieux à la fois

En ce doux jour de plein été, la brise suffit à nous donner envie d’une caresse chaude et rhodanienne. Sachant qu’un Vieux Télégraphe s’apprécie plus amplement au bout d’au moins 10 ans, on se décide à ouvrir une seconde bouteille (on en reparlera à la fin) de cette bouteille de maison sérieuse, sur le millésime 2004.



vendredi 1 août 2014

Se régaler en plein été, et faire tout tout seul !

Vous le savez - ou pas - mais le Do it Yourself (DIY pour les précieux) qui est annoncé comme the nouveauté hype de cette première partie de décennie est, pour ma part, une vieille habitude de la maison. Parce que la gastronomie ne peut s’envisager au quotidien qu’en mettant la main à la pâte, parce qu’on a ni les moyens, ni même l’envie de passer notre vie à la table des restaurants dit gastronomiques.

Alors, à la maison, que faire cet été pour se régaler gravement ? 
Eh bien comme toujours, il faut penser saison, saison et encore saison !


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