Suivez le guide...

mercredi 13 janvier 2016

Vive la gastronomie véritable et détendue : Cova Fumada – Barcelona

Je vous l’ai déjà dit et répété, pas besoin de produits d’une rareté-totale quasi indécente, ni de 8 serveurs par table et encore moins d’or au plafond et de cachemire au sol pour parler de gastronomie, « on n’est pas là pour manger les rideaux », on ne veut pas manger le dernier turbot de 5 kg et on n’aime pas manger avec le service sur nos genoux, nous ce qu’on veut c’est passer un moment de gastronomie véritable, et si on pouvait se détendre complétement pendant ce temps, on serait pas loin du paradis.

Pour ce faire le paradis du « sérial bâfreur détendu du gosier et pas pincé du cul », à Barcelone, se trouve très certainement dans la taverne secrète et planquée au milieu de la Barceloneta : La Cova Fumada.



C’est typiquement le genre d’adresse authentique qu’il FAUT faire pour comprendre la gastronomie et l’art de (mieux) vivre local. Ce sont les adresses que pas mal de guides ne connaissent pas, ou qu’ils oublient, alors pour la dénicher rien de mieux que les blogueurs sérieux et patentés (par l’appât du gain surtout), alors rendons tout de suite à César (ou à Vincent Pousson en l’occurrence, récompensé par la RVF en janv. 2015 et déjà encensé ICI, chez moi, en déc. 2012 soit dit en passant) ce qui lui appartient.
C’est grâce à lui que j’ai découvert que cette adresse était exactement celle que je cherchais ; c’est aussi grâce à Serge Thorn et son article dans son blog Hedofoodia (dont nous parlerons un jour sur ce blog) que la décision de changer la totalité du programme de nos soirées barcelonaises a été prise.

Mais trêve de circonvolutions, il ne vous reste plus qu’à trouver la porte d’entrée, bon courage car elle est quasi aveugle, sans aucune enseigne autre que celle que vous découvrirez…en sortant, après une petite heure de bonheur.  




On pense arriver devant une grande salle à manger familiale et c’est ce qu’elle est quelque part. Suivant le meilleur conseil du César local sus-cité (ce n’est pas sale) donné entre les lignes : il faut s’y faire sa place. Alors, comme si on était déjà venu là toutes ces dernières semaines, vous tombez la veste à l’entrée, la gardez sous le bras, vous entrez comme si de rien n’était et posez votre coude le plus solide sur le bar collant. Là, sans hésiter, vous commandez à boire rapidement et l’une ou l’autres spécialités posées sur la vitrine. Pour faire comme tout le monde, ne manquez pas la Bomba qui semble avoir été inventée ici au siècle dernier : c’est une boule de purée de patate, plus ou moins ragaillardie de porc semi-invisible au cœur, boule pannée puis frite à l’huile et servie avec une louchette d’aioli pas discret pour deux sous. Dire que c’est bon est un peu triste, c’est délicieux de simplicité, ça donne une soif pas possible, tant et si bien que la bière s’évapore toute seule. Pendant ce temps, négociez en mauvais anglais le nombre de couvert nécessaire, au-dessus de 2 bon courage, car aucune réservation n’est prise ici. 


Là on vous installe sur un morceau de table, que vous partagez avec la population locale qui vous regarde du coin de l’œil et avec laquelle on échange le sourire de connivence. Le plus dur est à venir désormais, car il faudra choisir, et pour ceux qui causent pas catalan, bon courage, car il n’y a qu’une carte pour toute la salle et elle est accrochée au mur. Allez-y, lâchez-vous, commandez, commandez autant que vous pouvez, car vous ne saurez pas si votre chance de goûter à cette gastronomie rieuse repassera. En effet, les horaires d’ouvertures ici sont assez improbables (genre de 09h09 à 15h15 et de 18h08 à 20h36, fermé le samedi et dimanche, je n’exagère qu’à peine) alors faites-vous plaisir dès la première commande. 

Pour nous en ce jour, ce fut un peu léger, mais carrément génial. Par ici les sardines ultra-fraîches en escabèche, fondantes, panurées, vinaigrées, rapicolantes. Pour se détendre les mandibules, on piochera du bout des doigts ces rouelles de boudins noirs impeccables, grillés, enrichies en oignon et autres détails bienfaisants. Pour faire couler, il faudra se rabattre sur le vin en pichet qui sort du mur derrière le bar, en blanc ou en rouge, pas de surprise, c’est « léger-frais-gouleyant », un personnage-alsacien sorti de ma jeunesse épicurienne aurait dit « ça s’boit ça s’pisse » et c’est exactement ça, mais ça donne le sourire en plus.



L’autre grand moment de régalade est d’échanger entre le pain à la tomate maison, superbe de simplicité et ces petites saucisses de chorizo absolument addictives. Ca croustille, ça tomate, ça aille la gueule et la saucisse éclate sous la dent pour laisser s’échapper jus et chair de cochon très bien relevé, on s’en régale et on enchaîne les godets. 


En même temps il ne faut pas oublier de piocher dans ces petites moules sèches et pourtant délicieuses, parfaitement relevées aussi par une mayo-maison pas si lourde que ça. Et puis il faut aussi attaquer ces fabuleuses « gambas », crevettes rouges et intenses, aussi fraîche que la rosée, dont on a l’impression que les antennes bougent encore. Arracher la tête, suçoter en faisant du bruit mais pas trop, et se délecter de cette chair fondante, telle est notre seule envie à ce moment. A vrai dire tout notre cœur, notre corps et notre cerveau ne pensent plus qu’à picorer d’une assiette à l’autre, à se délecter, la plupart du temps avec les doigts, de ces petits plats. Qu’il est dommage que le service se termine déjà, on serait bien resté là la nuit entière à enchaîner les assiettes et les verres….c’est ça la gastronomie véritable et détendue. 




Nous terminons par baragouiner tant bien que mal avec le serveur, toute porte fermée, les sourires sont de rigueur et terriblement authentiques, à l’image de cette adresse, et en plus ça ne coûte rien, ce qui ne gâche rien.


Il m’arrive de manger entre 12 et 36 étoiles par an depuis 10-20 ans, je mange de très belle choses bien souvent le reste du temps, mais cette heure passée ici restera gravée très longtemps dans mes souvenirs épicuriens, c’est certain. Si un jour je reviens à Barcelone, je m’enferme là-bas pendant 2h. au moins, le « matin », vous faites ce que vous voulez, mais passer à côté de cette adresse c’est passer à côté d’une bonne part de Barcelone.


jeudi 7 janvier 2016

Voyage Immobile : Lumio – Arbois – Ingersheim, du solide, du sérieux et des rêves pour attaquer 2016.

« Je vous souhaite des rêves [et des repas] à n’en plus finir »…moins de bonnes résolutions et encore moins de fausses espérances pour commencer cette année 2016…je vous souhaite surtout une véritable envie d’épanouissement et toujours plus de besoin de liberté, sans oublier du sérieux dans le verre et l’assiette, et du solide dans le godet et sous la fourchette.

2015 n’ayant pas réussi (bien essayer quand même) à nous empêcher de rêver, je débute cette nouvelle parenthèse calendaire par fantasmer un repas plein de ce qui me fait frétiller l’appétit et l’envie en ce moment. Il va me falloir faire 3 restaurants et quelques milliers de kilomètres pour un seul repas, qu’à cela ne tienne pour un passionné, « faut vous dire Monsieur, que chez ces gens-là, on ne compte pas Monsieur, on ne compte pas »…on pense !   




jeudi 24 décembre 2015

Notre nouveau court-métrage est né, vive le Grand Cru Zinnkoepflé !

C’est à la veille de Noël que nous sommes ravis et fiers, avec mes deux associés Julien Carlier et Arnaud Masson, avec lesquels j’en partage à parts égales la paternité, de vous présenter notre dernier né, ce petit film sur un grand cru d’Alsace : Le Zinnkoepflé !

jeudi 26 novembre 2015

Leiser - Gaertner, pour redescendre en douceur, vive les grands classiques.

Heureusement nos promenades épicuriennes  ne sont pas faites que d’envolées féeriques comme celle vécue il y a peu chez Klein à Wingen-Sur-Moder, on en aurait le tournis et on ne toucherait plus terre.
Non elles passent aussi et surtout par ces maisons et ces assiettes confortables, intemporelles, ces grands classiques grâce auxquels nous avons appris à vivre, aimer, manger.


mardi 17 novembre 2015

Villa Lalique, lumière vaporeuse et ciselée, aperçu de l'immortel génie français

Pourquoi parler de délices et de notre goût certain pour la frivolité aujourd’hui ?
Parce que c’est ce que j’ai de mieux à faire, c’est ce qui me (et nous) caractérise, et de toute façon je n’ai rien envie de faire d’autre que me réjouir, re-jouir de ces moments épicuriens qui peuplent ma mémoire, qui me rendent meilleur…et si en plus ça peut rendre malade un sous-homme (pour ne pas dire sous-merde, car même la merde a bien meilleur goût) tendance barbares-arriérés, c’est gagné !!   

Envie d’un peu de lumière ciselée et vaporeuse et besoin de génie français, nécessaire, obligatoire, réflexe de survie, exigence de résistance, cette semaine comme toutes celles qui me restent à vivre.
Alors tout de suite et sans transition, direction la nouvelle table de rêve du Grand Est, pour une formidable compilation de tous nos talents et de tout le génie de la France pour les arts de la table, prélude à l’ART-DE-MIEUX-VIVRE.


jeudi 12 novembre 2015

Mon agréable retour au Bistro des Saveurs, à Obernai

Il y a quelques semaines, pour couper une journée de route et de sélection de vins pour un client, je décidai que cela faisait bien trop longtemps que je n’étais pas allé dans mon bistro préféré, celui des saveurs naturelles et étoilées d’Obernai. Presque deux ans sans m’y attabler, ça n’était pas arrivé depuis 2007, entre temps c’était plutôt deux fois par an.

Histoire de regoûter à la cuisine du chef, pour voir si elle avait évolué dans le bon sens, j’ai tenté un menu 5 plats plutôt que de me faire plaisir à la (courte, très courte) carte ; avec un plaisir variable, puisque deux plats étaient vraiment au (top)niveau de ma mémoire, quand les autres m’ont semblés moins percutants que dans mes délicieux souvenirs d’antan.


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