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vendredi 24 octobre 2014

Dîner œno-hédonistique avec les vins de Seppi (Landmann) et les commentaires de Thierry (Meyer)

Régulièrement, et depuis longtemps, Thierry organise des dîners œnologiques autour des jolis vins d’Alsace ; continuellement, et depuis plus longtemps encore, Seppi vante et représente la Vallée Noble des vins…c’était donc évident qu’ils devaient se retrouver à table, et plus logique encore que ce soit à celle de Jean-Philippe Guggenbuhl, en sa Taverne Alsacienne.





Etant curieux par nature, ouvert d’esprit par éducation, et en plein dans ma période « Zinnkoepflé » par bonheur,  je me suis rendu à ce dîner qui s’annonçait plus convivial que technique, plus « pour le plaisir » que pour la gloire.

Bien sûr, à l’apéritif, sur ce Crémant Brut très mûr,  avec ses bulles fines et douces, qui accompagne les amuse-gueules alsaciennes (mini-flams, tartelette poireaux, pâté en croûte) on entend encore le vin couler, la timidité des tables recomposées étant de mise, mais les verres passant, cela s’arrange. 
Bien sûr, chaque vin verra le maître de cérémonie se lever et le commenter relativement brièvement mais très sûrement  et le vigneron boire ses paroles en silence, mais plus les heures s’étirent, et plus les analyses se croisent et les amateurs partagent, sur les grands vins de cette Vallée évidemment, mais aussi sur le reste. 


On entre enfin dans le sujet, avec une première rareté typique de la Vallée et du vigneron, un authentique grand Sylvaner, du millésime 1990, qui accompagne une assiette gourmande, faite d’une terrine de pot-au-feu, d’un poireau vinaigrette et de quelques autres détails qui rapprochent l’assiette du verre. Le vin de ce cépage globalement très mal-aimé trop mal-travaillé dans le reste de la région est superbe de sérénité, on y retrouve un plein panier de fleurs vosgiennes et un soupçon d’anis vert. Il donne de la fraîcheur au poireau-vinaigrette, et tempère sa verdeur. Le vin est moins en symbiose sur la terrine, qui a beaucoup de mâche, voir même du rebond, mais dès qu’on lui adjoint la crème de raifort, plus tendre, ils s’entendent mieux et on pourrait en faire un repas complet.




Mais le plaisir de la découverte nécessite que l’on passe à autre chose, et qu’on se plonge dans le roi des cépages, et qu’on se penche sur son visage dans cette noble vallée. Dans les verres, à gauche, le Grand Cru Zinnkoepflé 2012, à droite le 1999 ; devant nous, une assiette complète avec un peu-beaucoup de choses, dont chaque élément est là pour s’approcher d’un des vins. Le 2012 est assez délicat, éclatant sur la fleur blanche, avec un vrai côté mandarine (jus au nez, zeste en bouche). Le 1999 est un peu fumé, assez beurré-brioché, presque fariné, bref, il est passionnant et me rappelle étonnamment de très beaux vins blancs de bourgogne. Avec les légumes croquants et ce sandre en pavé gourmand à la cuisson parfaite, c’est le 2012 qui se réjouit et supporte la chaire presque nacrée qui s’effeuille sous la fourchette. Sur les purées potimarrons et butternutt, et les quelques trompettes de la mort c’est le 99 qui fait un superbe accord, comme sur le côté gratiné « à la Gaertner ».



On passe ensuite à l’habituel accord évident entre gewurzt et munster, avec deux vins du même terroir dont un 2001 sur lequel on retrouve la trace du Zinnkoepflé, une signature de fleurs séchées, gardant une finale très fraîche. Le 2011 est bien moins fin, très épicé, un peu poivre blanc et gardant cette empreinte de rose un peu entêtante. Les accords sur les fromages de différentes provenances et affinages sont à géométrie variable, personne n’est réellement sur la même longueur d’onde que son voisin. Pour ma part j’ai plus apprécié celui de gauche, d’une ferme de Breintenbach, avec ce 2001 qui dompte le côté fermier. Sur le fromage du milieu j’ai préféré le 2011. Sur celui de droite, de Ste Marie aux Mines, j’ai trouvé l’accord avec le 2001 plus intellectuel et avec le 2011 plus hédoniste. Puis écoutant l’avis de tous, j’ai presque failli changer 3 fois d’avis, comme quoi en dégustation comme pour le reste, seul l’expérience compte, il vaut mieux s’arrêter sur son propre goût, et l’affiner petit à petit.





Le dessert fut surtout l’occasion de sortir des flacons inestimables, dont un quasi-génial Sylvaner Vin de Glace 2001 en magnum, et une sélection de grains (nobles aussi) riesling 2011 impressionnante. 

L’accord entre les figues de Solliès à peine confites à la chaleur douce d’un four descendant et le vin de glace est une belle évidence et un de ceux qui resteront désormais gravés à jamais dans ma bibliothèque de sensation personnelle. Ce sylvaner récolté à -7° est une émanation de figue, avec des notes de peau de raisin rôtie et un final frais fabuleux, il me fait penser à une voûte  étoilée, dans un ciel préservé.  Le riesling SGN 2011 à côté se fait presque baroque, très pâte de fruits et de fleurs, avec une petite touche iodée qui fait un peu penser à du caramel au beurre salé. Avec la glace au yaourt, l’accord est vraiment superbe, puis quand la figue se mêle au vin de glace, cela finit en un festival de bonheurs gustatifs.



Pour clore la semaine, ce fut une très belle soirée, je remercie donc sincèrement celui qui m’y a invité.
Pour ma part, et pour beaucoup des amateurs de ma connaissance, le moment fut de temps à autres un peu trop sérieux, manquant de liberté de ton et d’éclectisme dans les discussions, mais de l’avis de tous, qu’il est passionnant de plonger ainsi dans le Zinnkoepflé, merci à Thierry (Meyer), mais surtout, merci à Seppi (Landmann).    


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