Suivez le guide...

dimanche 21 mars 2010

Vent de Vie, vin de joie

Il y a des périodes où la vie semble s'entourer de soie, où tout n'est que délices et joies.

Il est agréable ce temps de rires et de chants, de grandes nouvelles et de nouveau printemps, et quand Dame Nature nous gâte à grand coup d'enfants, le vin est encore plus beau, encore plus grand.

Alors il est temps de faire de la place dans sa cave, d'ouvrir ces petits trésors et de les partager en amis.

Tout d'abord, il faut téléphoner en urgence à son chouchou champenois, les beaux Larmandier-Bernier, et faire partir une caisse de 12 fissa, ensuite il faut en ouvrir une chaque jour.

De la cuvée Tradition et Blancs-de-Blancs tout en droiture et en simplicité, de la Terre de Vertus non dosé pour la pureté. Sans oublier le rosé de Saignée, bulles festives à la robe rouge et au accent de framboise, sans conteste mon "rosé-facile" préféré.


Les bulles, c'est la vie, mais le vin tranquille aussi, et comme une fête sans Alsace ne serait pas belle, pour la bonne bouche, on s'ouvre Gewurtzraminer SGN 1989 de chez Kientzler, un grand vin d'équilibre, dans les tons rose orangée, au confit pur et entêtant.

Et puis un Gevrey Trapet, une Petite Chapelle 1982, sur une idée tourbée, racée, un poil trop patinée mais qui fera merveille en grignotant quelques beaux jambons et quelques petites truffes.


Pour la facilité gourmande, prévoir un Clos du Marquis 2002, mais surtout aussi un magnum de R de Rimauresq, sur le 2004. Un vin simplement sudiste mais diablement bien fait, sans lourdeur, sans mollasoneries, déclinant les plaisirs du soleil.



Et puis, parce qu'être père est une douceur à part entière, on finit sur une folie de jeunesse, sur un vin des merveilles.

Bien sûr ouvert trop tôt mais sa la robe de miel vous le fait vite oublier, cet Yquem 2003 accompagna notre fin de soirée heureuse et berce depuis nos souvenirs de ces semaines extatiques.

Des semaines de découverte où TOUT les fruits confits s'entremêlent dans mon esprit, où la fougue de la jeunesse réveille l'épaisseur du jus, et où même la lumière désire être bue.



Des semaines comme ça, dans ma raïa on les enchaîne depuis 6 mois, à grand coup de Naissance majeure, et hier soir j'apprends qu'on remet bientôt ça.

Ahh que c'est bon, en route pour la joie...

samedi 13 mars 2010

Une Poignée de Raisin du Domaine GRAMENON, version 2008

Poignée de Raisin 2008 du Domaine GRAMENON - Liberté, Liberté chérie

Voici une bouteille qui sort assez de l'ordinaire pour qu'on l'évoque en ce lieu dédié aux belles choses.
En effet voici une bouteille d'un Domaine qui fait bien parlé de lui, récolté chez un de mes cavistes qui s'est empressé ce jour là de me donner un conseil en forme de contretemps:

"Pour l'ouvrir vite, il faut absolument le carafer au moins 24 hrs..."


Pour un cote du rhône, que de fantaisie
me direz-vous, mais bon pourquoi pas tient, donnons sa chance à cette bouteille et ce conseil bienveillant et regardons vivre ce vin à l'échelle d'une journée.


On commence comme convenu par une ouverture ultra-discrète, quasi-décevante, longue et patiente.

Le nez est presque invisible mais on pressent le plaisir à venir. On sent surtout un regain de pureté qui donne le sourire et qui me rassure, moi qui ne goûte pas du tout les vins trop libre, qui partent en tout sens.

On comprend alors au fur et à mesure des heures qu'on a affaire à un vin sans esbroufe et joliment vivant, sur un équilibre de sensation plus que de fragrances entêtantes.

Un vin qui mérite qu'on l'ouvre et qu'on lui donne sa chance de nous combler d'une fraîcheur fruitée, étonnement patinée sur ses arômes malgré sa jeunesse vivifiante.

Un vin, un plaisir épicurien, qui prouve encore si besoin est, qu'un bon conseil est souvent primordial pour apprécier totalement ces moments de plaisirs.

Sans mon caviste, sans son conseil, voilà une bouteille qui n'aurait jamais tenu 24 hrs, et qui donc nous auraient laissé, nous consommateurs et amateurs non-encyclopédique, sur notre soif.

Merci donc à ce caviste mais je ne peux m'empêcher de penser à tous ceux qui n'auront pas bénéficié de cette expérience...dans ce cas, ne serait-ce pas au producteur d'informer ses futurs clients ?

Robe huileuse et profonde, H+18

Les 24 heures de la bouteille


H: Nez presque invisible, un voile léger flotte sur un jus clair.
H+1: Nez toujours aussi frêle, un peu chaud. Bouche agréable et qui prend le chemin de l'ouverture. Descente fraîche et vive.
H+2: Le nez devient plus subtil, sur un jus-gelée de framboise et de quelques épices. Bouche toujours subtile et rieuse, surprenante.
H+3: Il n'évolue plus très vite, sauf l'esquisse d'un fruité souterrain qui se trame.
H+4: Incroyable, au bout de 4 hrs, le nez est finalement toujours aussi timide, heureusement c'est désormais la bouche qui se développe sur un panier de fruits rouge très pur, subtil mais bien réel.
H+6: Le nez s'étoffe pour revenir vers le pot de cerise au sirop, une légère puissance s'installe. La bouche est toujours aussi maline et équilibrée, avec une pointe d'acidité bienvenue.
H+18: La robe s'empourpre et le nez s'étoffe tout en gardant ce côté évanescent. On part vers Chateauneuf et on retrouve la cerise, le noyau, l'herbacé. La bouche est vive et le fruit là se fait bien plus discret, ce qui n'enlève rien au vin. On plane plus ici dans les épices chaudes et rouges et on s'y complaît.
H+26: Robe vaporeuse, rouge-violine et nez qui passe sur la groseille et la tomate semi-confite, reste toujours cette fraîcheur qui marque les sens. La bouche est toujours vive et VIVANTE, polie et dégoulinante. Ce vin appelle la chaleur, la pureté et le bel esprit sudiste.

lundi 8 mars 2010

Déjeuner citadin et naturel; simple et goûteux

En ce moment, au cœur de l’Alsace, les premiers beaux jours font la guerre aux dernières giboulées, l’appétit revient en vivant et des envies turlupinent sans cesse les papilles.

On veut sortir, on veut bouger, on accepte à nouveaux les villes ; mais quand viens midi, reviens ce besoin impérieux de quiétude et de goût.


Alors quand on a la chance de pouvoir trouver une belle table étoilée, à deux pas de la ville et pourtant baignée de nature, on s’y précipite.

Et quand en plus cette table propose un menu du midi à 30 et quelques euros, on y retourne !


Surtout pour des plats du genre de ce « Jarret d’un veau Rhône-Alpin, légumes de saison confits au jus », un plat à faire disparaître tous vos premiers soucis printaniers.



Pile poil ce que j’adore, un jarret royal, bien désossé, bien tranché, bien servi, juste posé sur une poignée de légumes et de mâche au jus.

A la première bouchée de viande, on fond de plaisir-direct, on se complaît amplement entre chair et gras fondant.
Mais la magnificence est touchée par ces légumes (Marthe inside ?) d’une apparente simplicité, magnifiquement et totalement engorgés de jus et de saveurs, tout en gardant leurs identités propres.
Ca me rappelle les navarins familiaux ou les légumes de ma grand-mère, à la cocotte, savamment oubliés sur un coin de fourneaux toute la matinée...que de beaux souvenirs.


Hosanna Hosanna, en route pour la joie, que j’aime ces plats de bonté, des plats évidents dont tout le petit génie réside dans un travail invisible. Un plat de plaisir, clair et lisible.

Pour ceux qui ne se demandent où l’on peut retrouver autant de goût-simple en une assiette, c’est dans un parcs Strasbourgeois, à la table du Fils...
Le menu-déjeuner y change tous les midis et c'est un véritable appel au bien-manger.

lundi 1 mars 2010

Cornas Chaillot 2005 de Thierry ALLEMAND, Terroir passionnant.

Il y a quelques semaines je vous avais évoqué mon besoin impérieux de sentir le Rhône à même la bouteille. Ne pouvant me rendre à Ampuis pour des raisons évidentes de joie et grâce à un mot du médecin de ma fiancée, je m'octroyais le droit d'aller voir au coeur même de la jeunesse si le bonheur s'y trouvait.

C'est ainsi que j'ai craqué, sous les conseils épicuriens horrifiés de mon caviste, pour ce Cornas Chaillot 2005 de Mr Thierry ALLEMAND.

Ce jus brillant à l'approche terrifiante est bien entendu dans son début de vie, mais il se singularise dès l'ouverture par ses effluves entêtantes en Syrah majeure, avec ses cerises magnifiées.

Petit à petit, il s'étoffe pour prendre sa place dans le verre.

Au bout de 3 hrs de carafe - minimum syndical - il se fond enfin en un tout dont on sent qu'il n'a pas fini de nous plaire. Le vin est gras et souple, puissant et rondement fruité.

Au nez, on commence à se prendre un mélange tendrement malaxé de fruits noirs, de lard frais et fumé, et d'olives aigrelettes.

En bouche c'est encore d'une entrée assez discrète et fluide, mais elle semble laisser une trace sur tout ce qu'elle touche.

On devine une certaine réserve aromatique mais la force est là.


Vue plongeante sur la beauté de Cornas
Après 4-5 hrs, tout ou partie semble intégré, à ce moment la force n'est plus que plaisir et le vin se fait charnel, coulant. Les larmes tapissent le verre et le vin mon gosier, dur dur de s'arrêter.

Au nez il reste encore timide peut être et on sent, on sait qu'il ne donne pas tout ce qu'il a, mais la bouche est belle et la Syrah éclatante.

En bref, voici un vin de niche pour mi-riche, un vin de fou trop honnête, un vin de cette appellation minuscule qui prend de plus en plus de place dans mon coeur.

mercredi 24 février 2010

Une jolie entrée en Matière

Il n'y a rien qui me plaît plus dans un restaurant gastronomique, en parcourant rapidement sa carte, que de tomber de suite sur un intitulé qui me saute à la figure, qui me fasse saliver et qui m’obnubile assez pour éclairer mes choix.

Cela arrive rarement sur des titres-fleuves, de temps à autre sur des mets rares et très précis, mais le plus souvent ça se passe sur une idée alléchante.
Ce fut le cas de cette belle entrée en matière, dégustée fin janvier, intitulée « Fraîcheur de Chevreuil au Gewurtz… ».

On tourne bien trop souvent aimablement en rond dans les propositions sur certaines cartes étoilées pour que cette entrée ne m'attire sur le coup, et grand bien m’en a fait.


Fraîcheur de Chevreuil au Gewurtzraminer...


Dans cette assiette, tout ce qu’il faut pour s’ouvrir un bel appétit, une certaine fraîcheur métissée de matière et de mâche.

En clair, au centre de l’assiette vous pouvez apprécier un carpaccio épais, style brunch-friand, coupé généreusement dans la gigue et mariné à froid dans un Gewurztraminer agréable.
Un plaisir franc, flanqué sur sa gauche de quelques champignons et châtaignes marinées dans un léger verjus, dans l’idée des pickels, mais surtout d’un super petit gâteaux-gourmand sur sa droite.

Un montage malin, impeccablement en place avec sa farce faite de moultes petites joyeusetés : d'effiloché de chevreuil, de gras, de foie, de lentilles vertes mouillées au célèbre cépage alsacien.
Le tout est posé sur une simple galette de pain grillé, humidifiée par les sucs, et surmontée par une épaisse feuille d'un aimable foie gras.






Si vous salivez seul devant votre écran, que ça vous inquiète, on peut en parler vous savez :-)


Cette entrée, qui frise les deux étoiles, est totalement adaptée à mon appétit et mes envies du moment : c’est beau, c’est bon, c'est "simple" et y a de l’idée.

Après cela, je peux vous promettre que le repas, comme la journée se passent bien…oh oui, très bien !

mardi 16 février 2010

Bienheureux dans un monde cotonneux

A nouveau quelques jours de breack sauvage sur les Hauteurs d'une montagne de Bonheur, des nouvelles-personnelles fabuleuses qui font tressauter mon coeur et mon esprit sur les vagues de la joie pure.

Condition parfaite pour se fondre dans un cocon

Un espace-temps s'est ouvert, plus quasi-uniquement rempli de rêve et d'amis, de goût et de la recherche de la connaissance.

Non, un espace de joie primitive et de découverte d'un autre rythme, toujours arrosé de lumière bien sûr, mais d'une lumière partagée simplement, en l'honneur d'une poupée et de quelques fines gueules qui me poursuivent depuis des années.



Alors oui bien sûr tout ce bonheur se suffit largement à lui-même, mais quand en plus en ouvrant le frigo, quelques jolies quilles vous font des yeux doux, que demander de plus ?
Rien d'autre pour ma part...Merci

Frigo des grands jours...

mercredi 3 février 2010

Palmarès 2009: Maison TROISGROS, Repas-Contemporain

Elégance TROISGROS


En 2009, une fois de plus, les délices s'enchaînent et ensevelissent tous les doutes et autres petits malheurs du quotidien. Une fois de plus j'ai parcouru la France le nez au vent, histoire de goûter le temps présent. Dans cet article je vais vous décrire par le menu, le repas qui m'a, en 2009, le plus impressionné, sans oublier de me régaler évidemment.



MAISON TROISGROS, Récit du déjeuner du 15 Mai 2009






Le vif du sujet


Une croquette tendre, moelleuse et citronnée - Une tuile épaisse de parmesan, moutardée, avec une belle tranche de pastèque légèrement poivrée - Une sucette tomate-rôtie, simple en apparence, complète en bouche.


On commence par cet amuse-bouche fabuleux, une très belle réflexion sur le sujet, toute en légèreté, en titillement. Dosé, millimétré, intelligent...de quoi s'exciter les neurones et l'appétit pour la suite.



Couteaux en gelée de pomme verte et basilic


Me voici désormais installé devant mes premiers couteaux depuis fort longtemps, et une bien belle texture moelleuse et rebondissante s'offre à moi. Quelques bouchées fraîches, posées en lévitation sur ce miroir d'un vert diffusant ses fragrances vaporeuses.


Gnocchetti d'artichaux et sardines légèrement fumées


Un plat, minimaliste en plein, l'élégance de la finesse, et la preuve que la douceur est aussi dans une certaine amertume. Le terrien et le marin s'embrassent pour ne faire qu'un.



Cuisse de grenouilles au satay, choux fleurs


Après ces touches malignes, on tombe ici dans le régressif-intense qui finit de nous installer en ces lieux. Le mélange Beurre et Satay est un vrai appel à la gourmandise, les cuisses ont juste la bonne taille et la bonne découpe pour faciliter la dégustation....et permettre d'en grignoter une bonne partie avec les doigts...De bien belle friandise gloutonnée rapidement !!


Mezzaluna de pomme de terre, truffes et asperges

Premières effluves puissantes-élégantes qui s'échappent en force de l'assiette pour vous mettre dans le bain. Ces "ravioles" sont fines et légères, translucides et appétissantes, comblées de Terre.


Le compromis entre la simplicité des saveurs et la précision touche au génie, le coulis d'asperges est trop beau pour être vrai. On se demande même si tout cela n'est pas trop intelligent pour nous, pauvre mortel aux papilles jamais assez aiguisées.



Lotte et Epine-Vinette


Quittons un peu la réflexion pour le plaisir de la découverte, en l'occurrence, cette epine-vinette que je connaissais que très vaguement de nom. A la suite de ce plat, la voici inscrite dans mes gènes tant l'accord fut majestueux.

Un très beau tronçon, fier, droit, cuit rosé-saignant (n'essayez pas ça chez vous malheureux), servit sur ce beurre blanc et surmonté de ces bulbes formidables. Le tout se fond en bouche comme une évidence, pour un plaisir-nouveau et jouissif.

Homard grillé, poudre du voyage.


Voilà après toutes ces émotions, le juste plat pour se remettre en selle, et un nouveau plaisir est décliné ici, celui de l'évidence. A voir ce homard, on pense à juste titre que ça sera pas compliqué, direct, et c'est le cas, la bête est belle, et les poudres de Mr Roellinger, magique.


Ces poudres d'escapades magnifient tout ce qu'elles touchent, la coque est ornée d'une belle chair ferme et la pince, plus tendre, trône sur un cube de pomme de terre. Le beurre est, malgré son intégration à tous ces éléments, bien présent, comme un dernier petit rappel des habitudes et de la prescription des anciens de la Maison.



Selle d'agneau, poivron, ail confit


Après tant de bonheur, on en oublierai presque de se réjouir pour le seul service de viande, grave erreur tant ce plat est intense. Malgré son côté simple, on n'imagine pas le travail et les heures de test (à ce sujet, je postule comme cobaye) pour arriver à cet équilibre.

La viande est goûteuse et juste relevée par le poivron-confit et surtout, par ce jus d'anthologie, puissant, complémentaire malgré la difficulté de leur assemblage. Un grand souvenir...



Il est grand temps désormais de se reposer l'émotion et les "mandibules à tête chercheuses", et ce plateau-géant, porté à la main (!!), regorgeant de pièces et de meules entières est le bienvenu. Pour ne pas s'assoupir, un chutney tomate-vanille et un de poire égaye ce qui n'en avait pas vraiment besoin, mais bon, pourquoi ne pas se laisser aller à la perfection ?


Tartelette chocolat au lait mentholé


A peine le temps de rêvasser que les douceurs entrent en scène, ici pas de grand service de mignardise infinie, mais un dessert qui se suffit à lui-même, en trois services pour une nouvelle vision de notre temps.

La tartelette est un délice lacté, café-cacaoté, boosté par un menthol presque invisible, ultra-maitrisé, pour un dessert quasi-rafraîchissant.


Mikimoto Poire et Coriandre

On poursuit par un tour de force improbable, un coeur glacé et poiré-vérité, enchâssé dans cette boule aux hémisphères dissemblables. Le sud est dur et meringué, le nord fondant et mousseux-solide...franchement...on ne peut que s'incliner et ne pas en laisser une miette.

Croquette chocolat-framboise


La fin de ce voyage immobile et transcendant est proche, et on n'arrive même pas à en être triste car on sait déjà depuis bien longtemps que ce repas habitera longtemps encore dans un coin de mon encyclopédie gastronomique personnel.

On se quitte donc en douceur avec cette finesse de chocolat et framboise presque effacée, légère comme une pensée amicale avant le départ.


Et quand le jardin est vide comme en ce jour, on peut faire quelque pas, pousser de peu discret râle de bonheur, le corps dorloté, l'esprit calmé.


Même la route ne fait pas peur quand on a vécu un moment pareil, et vous comprendrez que j'ai nommé ce repas dans mon panthéon 2009.


Un tel déferlement d'intelligence bien placée, de travail-évident, de qualité et de plaisir distribué avec science me fait penser que Michel Troisgros est totalement dans le VRAI, dans l'air du temps, dans LA nouvelle-nouvelle cuisine.


Dans 30 ans on en reparlera, des trémolos dans la voix; et pour ceux qui ont loupé le doux choc d'une première rencontre avec Guérard dans les early-eighties, ils peuvent passer par Roanne.
En croquant le présent, nul doute qu'ils dégusteront un avant-goût d'Histoire.
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